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Le secret de l’être (2/3)

... et de l’énigme de l’être

dimanche 24 janvier 2010, par Lionel Letendre.

Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Ce qui suscite au premier chef l’étonnement et l’embarras de la pensée, ce qui la frappe ou la foudroie, c’est que le monde soit. L’homme, l’animal, la pierre, tout cela est. L’être, la présence de ce qui est présent, voilà la merveille des merveilles ! Les Grecs anciens furent les premiers à poser la question de l’être de ce qui existe. Partant, ce furent les premiers à se confronter bon gré mal gré au mystère de l’être, à l’énigme de son jaillissement hors de la nuit du non-être.

La philosophie et l’étonnement qui la porte naissent à l’occasion de ce mystère et de l’incompréhension qu’il provoque. L’homme est allé sur la Lune, il ira sur Mars et plus loin encore. On ne saurait a priori assigner de limites à son exploration scientifique de l’univers. Jamais cependant il n’élucidera l’énigme de l’être, jamais il ne justifiera la déconcertante présence de ce qui existe. Cette présence nous est en toute rigueur inexplicable. Et pourtant, penser cette énigme et en rechercher la solution fut la préoccupation fondamentale des premiers penseurs grecs et c’est encore elle qui tient aujourd’hui l’homme en haleine.

Qu’en est-il de notre être ? Qu’en est-il de l’être des choses ? Plus profondément encore, qu’en est-il de l’être en général, de l’être de tout ce qui est ? Telles sont les questions radicales qui régissent la pensée occidentale dans son commencement historique et s’imposent encore de nos jours aux scientifiques et aux philosophes. Elles indiquent le chemin vers le milieu abyssal de tout existant, vers le nombril à partir duquel l’être vient à l’existant. Et c’est bien parce qu’ils furent les premiers à poser la question unique qui domine tout, celle du fondement de tout ce qui est, que les Grecs rayonnent en avant de tout ce qui a pu être atteint jusqu’ici.

- Déroutée par l’énigme de l’être, livrée au labyrinthe du monde
mais animée de la passion inouïe de savoir,
c’est lentement que la pensée humaine chemine -
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Piet Mondrian, Composition, 1916.

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