Lionel Letendre

Professeur de Philosophie
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Articles

  • Notre rapport au monde est-il essentiellement technique ?

    11 mars, par Lionel Letendre
    Si l’être humain fait partie de la nature et lui est rattaché par de multiples liens, il a su au cours de son histoire agir sur elle et se soustraire progressivement à son emprise en transformant son environnement et en produisant un monde matériel fait d’objets artificiels de toutes sortes. Des premiers outils aux robots contemporains, la technique a partie liée avec cette dynamique d’arrachement de l’homme au monde naturel. Façonnant l’évolution de l’humanité, ses progrès ont permis de réaliser le projet dont Bacon et Descartes rêvaient à l’aube de la modernité et qui est désormais la modalité spécifique du rapport de l’homme à la nature, celui de sa maîtrise et de sa domination. Mais, paradoxalement, la puissance que l’être humain a conquise l’expose aujourd’hui à nombre d’impuissances et l’arrachement complet à la nature qu’il visait le reconduit, sous une forme certes très différente, à son attachement initial. Un basculement s’est effectivement produit. Depuis plus de deux siècles, l’impact des activités humaines est tel qu’il a déclenché des mécanismes au long cours de dégradation de l’environnement dont la dynamique est si puissante qu’elle menace l’habitabilité même de la planète pour les êtres humains et pour les autres espèces, marquant l’entrée de la Terre dans ce que certains experts ont récemment proposé de nommer l’Anthropocène, littéralement « l’âge de l’homme », une nouvelle séquence de l’histoire terrestre où le degré d’incertitude quant à l’avenir du monde n’a jamais été aussi élevé. Une fois posé ce constat alarmant, il n’échappera à personne qu’il faille d’urgence redéfinir nos relations avec la nature, mais comment exactement ? Quelles issues trouver à la crise de la modernité suscitée par le basculement dans l’Anthropocène ?

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  • Le travail n’est-il qu’une servitude ?

    1er février 2018, par Lionel Letendre
    Renvoyant étymologiquement à l’idée de torture et placé sous le signe d’une malédiction depuis que Dieu obligea Adam à travailler durement, le travail est souvent perçu comme une contrainte pénible privant l’homme de sa liberté. À cette vision négative s’oppose l’idée que le travail est un moyen d’expression et de réalisation de soi, un facteur d’émancipation et d’intégration, une activité permettant à l’homme d’accomplir son humanité en mettant en jeu toutes ses facultés. Ne voir dans le travail qu’une servitude serait en effet en rester à une conception réductrice, mais il faut bien admettre qu’avec la logique qui gouverne l’économie depuis plus de deux siècles, celle de l’augmentation de la productivité et de la rentabilité, les méthodes d’organisation du travail mises en place ont fini par le défigurer, générant un profond mal-être chez un nombre croissant de travailleurs. Quelle voie prendre alors pour sortir de cette crise que traverse le travail, pour qu’il ne soit plus vécu comme une source de souffrance mais retrouve son sens et sa valeur ? Une transformation radicale de ses conditions d’exercice ne s’avère-t-elle pas nécessaire ?

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  • Héraclite, « on n’entre jamais deux fois dans le même fleuve »

    28 août 2017, par Lionel Letendre
    Diffusée sur France Culture le 28 août 2017 et réalisée par Nicolas Berger, l’émission animée par Adèle Van Reeth « Les chemins de la philosophie » s’intéresse à la pensée d’Héraclite d’Éphèse, ce philosophe grec de la fin du VIème siècle av. J.-C. qui faisait du changement perpétuel l’être même des choses et souligna avec force cette expérience du mouvement universel dans des formules restées célèbres : « Tout (s’é)coule » ; « On n’entre jamais deux fois dans le même fleuve ». Lorsqu’on y retourne en effet, l’eau de naguère est déjà loin, c’est une autre eau, un autre fleuve. Invité, Heinz Wismann, Directeur d’études à l’EHESS et co-auteur avec Jean Bollack de Héraclite et la séparation paru en 1972 aux Éditions de Minuit dans la collection « Le sens commun ». Lectures, Georges Claisse.

  • Montaigne : « C’est moi que je peins »

    15 avril 2017, par Lionel Letendre
    Diffusée sur France Culture le 18 janvier 2017 et réalisée par Nicolas Berger, la nouvelle émission animée par Adèle Van Reeth « Les chemins de la philosophie » se penche sur la personnalité de Michel de Montaigne qui, au fil des pages des Essais, se dépeint non pas au crayon ou au pinceau mais à la plume, l’une des plus belles de la Renaissance. Invité, Alain Legros, chercheur associé au CESR (Centre d’Études Supérieures de la Renaissance) de l’Université François-Rabelais de Tours et auteur notamment d’Essais sur poutres - Peintures et inscriptions chez Montaigne paru aux Éditions Klincksieck en 2000. Lectures, Georges Claisse.

  • Le Manuel d’Épictète

    20 février 2017, par Lionel Letendre
    Diffusée sur France Culture le 26 janvier 2017 et réalisée par Nicolas Berger, l’émission animée par Adèle Van Reeth « Les Nouveaux chemins de la connaissance » examine le Manuel d’Épictète. Compilé par Flavius Arrien, élève du philosophe stoïcien, et abrégé des Entretiens, lesquels ne sont eux-mêmes que des notes de cours prises par le même Arrien de Nicomédie, le Manuel se présente comme un guide d’apprentissage à l’usage des futurs philosophes où l’on retrouve les principales notions de la pensée d’Épictète. Invité, Jean-Baptiste Gourinat, Directeur de recherche au CNRS, Directeur du Centre Léon Robin et spécialiste du stoïcisme antique. Lectures, Jean-Louis Jacopin.

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