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« Palatine » de Jean-Claude Seguin

vendredi 11 janvier 2008, par Catherine Segers.

« Palatine » par la Compagnie du Loup Blanc à Domfront.

Mercredi 12 décembre, 59 élèves ont pu découvrir la princesse Palatine, (Charlotte-Élisabeth de Bavière), jeune provinciale turbulente et naïve, exilée de son Allemagne natale, mariée à Monsieur, frère du roi Louis XIV. Mal à l’aise à la cour de Versailles, qu’elle juge empesée et étriquée, cette observatrice lucide et ironique des mœurs de son époque se réfugie dans l’écriture. C’est à partir de ces témoignages épistolaires que le metteur en scène Jean-Claude Seguin a construit cette pièce très instructive sur les différents aspects de la vie à la cour (mœurs dissolues, manipulations politiques, intrigues, hypocrisie religieuse, pratique de la médecine, sans oublier la misère du peuple) et qui retrace la vie de la Palatine, femme pleine de verve et de truculence, à la fois émouvante et drôle, que l’on voit vieillir sous le poids d’un costume qui s’étoffe.

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Les élèves ont eu la chance de rencontrer Marie Grudzinski (la Palatine) et Jean-Claude Seguin, le metteur en scène pour un échange autour des intentions de mise en scène. La pièce commence par la présentation d’une comédienne au travail devenant le personnage qu’elle doit incarner, « c’est le théâtre dans le théâtre ». L’actrice explique que c’est en prenant un léger mais très réaliste accent allemand qu’elle a pu se sentir devenir « la Palatine ». La comédienne évoque la difficulté de faire croire à ses successives métamorphoses : de la jeune princesse allemande, en simple robe, avec la chevelure libre à la femme mûre en toilette d’apparat coiffée d’une perruque.

Les élèves s’interrogent au sujet des éléments du décor du cabinet de Madame. Le meuble appelé meuble à transformation, symbolisant un cercueil lorqu’il est recouvert d’un voile noir au début de la pièce, puis tour à tour bureau, coiffeuse et table. J.C. Seguin apporte aussi des précisions sur le paravent-miroir, dans lequel la Palatine se voit vieillir.

D’autres questions portent sur les costumes, éléments essentiels de toutes ces métamorphoses, d’où le choix du tissu : la soie, de couleur or pour symboliser la gloire, à la couleur brune pour symboliser l’amertume, que l’éclairage met en valeur. Bref, rien n’est laissé au hasard, c’est ce qui fait le succès de cette pièce.

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Pour ceux qui n’ont pas eu la chance de voir la pièce, vous pouvez lire les Lettres de la princesse Palatine (1672-1722) d’Elisabeth-Charlotte d’Orléans, Pierre Gascar et Olivier Amiel aux Éditions Mercure de France.

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