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« Rodogune » de Corneille

Les mystères de la création théâtrale révélés aux lycéens

vendredi 17 novembre 2006, par Catherine Segers.

La pièce

Le 15 novembre 2006, une soixantaine d’élèves du lycée Auguste-Chevalier faisaient partie du nombreux public qui réservait à la pièce de théâtre « Rodogune » du Théâtre du Loup Blanc des applaudissements si nourris. Et, dès le lendemain matin, ces mêmes lycéens avaient la chance de rencontrer la Cléopâtre de la veille, Marie Grudzinski, et le metteur en scène de la troupe, Jean-Claude Seguin.

Quelle aubaine pour des élèves de première qui ont à étudier les rapports entre les textes théâtraux et leur représentation, pour les membres du club théâtre du lycée, et pour les élèves de l’option Histoire des Arts !

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les acteurs s’expliquent

De fait, par leurs explications ardentes et lumineuses, Marie Grudzinski et Jean-Claude Seguin ont donné aux impressions toutes fraîches des lycéens un prolongement véritablement instructif.

Chacun avait été frappé par la force, la richesse et la liberté de l’intrigue cornélienne, par la fluidité et la beauté des alexandrins, par le rôle que la mise en scène faisait jouer à la musique et à un extraordinaire trône, par l’allant et la présence des comédiens, capables de passer de la douceur à la rage, de la joie de vivre l’amour et l’amitié au désespoir. Autant d’aspects du spectacle dont le metteur en scène et son actrice principale ont expliqué la genèse et la cohérence, puisées dans une attention infinie au texte - à ses mots, à ses rythmes, à l’imaginaire qu’il suscite, à son sens pour les contemporains de Corneille et pour notre aujourd’hui, à ses échos culturels anciens et modernes. Il y a du Shakespeare et du Caravage dans la « Rodogune » de Corneille, mais aussi du Hugo, du Brecht et, pourquoi pas, de l’heroic fantasy. Une intense et complexe humanité, et (donc ?) tant de monstruosité !

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Marie Grudzinski et Jean-Claude Seguin ont aussi souligné combien cet art vivant qu’est le théâtre dépend, chaque soir, du public. À cet égard, la représentation domfrontaise leur semblait vraiment réussie. Mais il faut bien dire que, si qualité d’attention il y eut, c’est que toute la troupe avait su créer, dès les premiers instants, le sortilège du spectacle théâtral, par une inventivité et une capacité d’incarnation des personnages dont les lycéens de Domfront ont eu le privilège de découvrir les secrets de fabrication.