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« Âmes à grammes » de Rémi Boiron

jeudi 31 janvier 2008, par Catherine Segers.

Mercredi 16 Janvier 2008 à 20h30, 36 élèves ont assisté au spectacle intitulé « Âmes à grammes » de Rémi Boiron au théâtre de Domfront. Le lendemain, le lycée invitait le comédien pour une rencontre avec les élèves, l’occasion de revivre un très bon moment.


Comment vous est venue l’idée de ce spectacle ?

Pour répondre à cette question Rémi Boiron retrace d’abord son parcours scolaire et personnel en relatant les évènements douloureux de son adolescence : mort des grands-parents, divorce des parents, rupture avec son père puis grave accident de moto à 20 ans, autant de faits qui l’ont marqué tout en lui faisant prendre conscience de la fragilité de la vie. Parallèlement se révèle en lui le goût pour la danse et pour l’écriture, source d’épanouissement. Ce spectacle s’est construit à partir des témoignages recueillis auprès des personnes vivant en maison de retraite, pour donner un regard sur la vie.

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Quel personnage du spectacle préférez-vous ?

« Je les aime tous, j’essaye de me mettre dans la peau de chaque personnage et de les aimer même dans leurs contradictions, je reconnais avoir un petit faible pour l’enfant : Valentino ». L’auteur explique aussi que le personnage de Mme Rose est né suite à la lecture d’un article de journal intitulé « Sauvé par son tutu ».

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Il insiste aussi sur la place du mime dans le spectacle en rappelant que c’est une école exigeante. « Apprendre la marche au ralenti, en basculant le centre de gravité, en opposant bras et jambes, cela demande beaucoup de travail ». Il se livre alors, au grand plaisir des élèves, à la démonstration du mime avec la vitre en expliquant « ce que l’on représente n’existe pas et donc la difficulté consiste à faire croire à l’opposition mou / rigide, le mime illustre l’imaginaire, il commence là où le jeu des métiers s’arrête ». Il insiste également sur la volonté délibérée de faire basculer les spectateurs dans l’imaginaire d’où le choix du décor : un espace métaphorique, représenté par le bateau échoué au milieu de nulle part. Il précise aussi qu’il a choisi volontairement des personnages issus de diverses catégories sociales.

Une question porte aussi sur le titre « Âmes à grammes » et le sous-titre « le bal perdu » ainsi que sur la genèse du spectacle.

Il décrit ensuite le travail d’écriture « penser, voir par quoi on est traversé pour le rendre aux autres », attendre l’inspiration, attendre que les idées s’organisent et écrire. « Les mots sont comme de l’argile, ça s’agence, ça se pétrît ». Pour la construction du spectacle, il assemble les différents blocs écrits petit à petit et cela l’oblige à faire trois ou quatre manuscrits à cause des ratures. Il donne au passage un conseil aux élèves : ne pas cacher complètement le mot raturé, pour ne pas l’oublier et affiner sa pensée. Il déclare d’ailleurs avoir apprécié la lecture des manuscrits de V. Hugo, comportant aussi des ratures. Une fois le texte dactylographié, le jeu sur scène peut commencer mais le travail d’écriture n’est pas terminé pour autant car l’interprétation met en lumière les défauts du texte (manque de rythmique) et nécessite alors quelques reprises jusqu’à l’obtention d’un spectacle jugé « satisfaisant ».

Il évoque aussi la difficulté d’être seul sur scène, ce qui implique de ne pas avoir de recul, ni de temps pour se reprendre.

Rémi Boiron porte pour finir un regard sur le théâtre, « cet art vivant vient titiller l’âme avec des mots, comme au temps de Molière ». Il vient quant à lui taquiner les spectateurs en descendant dans la salle, une façon de répondre au monde avec un message universel.