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Concours de nouvelles

Remise des récompenses aux lauréats

lundi 3 juillet 2017, par Catherine Segers.

Dans le cadre de la venue de Jean Verne, (arrière-petit fils de Jules Verne) et de Jacqueline Didier, (petite fille d’Eugène Lelouvier), Monsieur Desgrippes et Madame Talloneau ont proposé au lycée de participer à un concours de nouvelles. 92 élèves volontaires de seconde et de première L ont saisi l’opportunité d’écrire.
La remise des récompenses aux lauréats avait lieu mercredi 24 mai, et s’est poursuivie par un temps d’échange enrichissant avec le public. Jean Verne a pu évoquer des anecdotes assez surprenantes, comme celle d’un manuscrit oublié jusqu’au jour où...

 Concours littéraire Lelouvier-Verne : thème de l’écriture d’invention

Parti de Honfleur le 20 novembre 1890, le voilier Aziadé subit une forte tempête et fait
naufrage au large de Cherbourg. Le mousse, Eugène Lelouvier, né à Domfront, tombe à
l’eau. Chargé par le Muséum National d’Histoire Naturelle d’identifier les fonds sous-
marins, le professeur Auguste Chevalier, également né à Domfront, aperçoit son
compatriote Lelouvier et le récupère à bord de son petit sous-marin en verre. Ensemble,
ils se rendent au fond de la mer de la Manche et découvrent un monde
complètement inattendu, mystérieux et fantastique.

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Les lauréats récompensés.

Le premier prix a été décerné à Mathilde BAUDET de Seconde 3 :

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Monsieur Desgrippes auprés de Mathilde Baudet lors de la lecture d’un extrait.

Ainsi fut fait. Eugène Lelouvier était à présent à mes côtés. Sa présence se révélait plutôt encombrante à mon égard car j’ignorais si le Nautilus, mon petit sous-marin de verre, était prédisposé à supporter une telle masse humaine supplémentaire. Il se remit de ses émotions. Je rappelle tout de même que sans moi, il serait mort, au fond de l’eau, en décomposition, probablement déjà dévoré par les poissons. Je n’aimais pas ce genre de témoignage pathétique qu’il offrait à mes oreilles. En tant qu’aventurier, il se devait de se concentrer avec moi sur l’immense paradis qui s’offrait à nous.
Mes yeux étaient comme aimantés par ce bleu si soyeux. Mon petit sous-marin, qui était à présent le nôtre, nageait dans ce monde majestueux. Grandiose était notre surprise. Les jeux de lumières magnifiques s’entremêlaient avec des contrastes de couleurs sur les cheminées hydrothermales, qui allaient du blanc au gris et au noir, rehaussées par le orange. De toute beauté. Une faune très diversifiée prospérait dans cette magie bleutée. La lumière rayonnante nous éblouissait.
Nous connaissions déjà la position des roches bavardes mais nous en avons déduit qu’un important travail d’inventaire était à effectuer. Nous prélevâmes des échantillons de ces roches qui scintillaient et nous murmuraient des sons rauques à en couper le souffle. Nous prélevâmes également des sédiments, qui changeaient de teinte au toucher humain, tous époustouflants. Nous les conditionnâmes alors pour des études ultérieures en laboratoire. A nos côtés, une petite palette de bois pour poser notre plan de repérage. Uniquement. Quelques fioles de verre, à présent remplies de roches bavardes furent soigneusement rangées. Elles avaient instauré un doux climat sonore auquel nos oreilles s’étaient habituées.
Silence. Tout à coup, Lelouvier fut comme happé par la sublime beauté d’un banc de chinchards, qui s’approchait de nous. Les roches bavardes s’étaient tues. Mes yeux s’écarquillèrent. Ces merveilleux trésors des mers épataient mon collègue et moi-même. Lelouvier voulut ouvrir la trappe de verre située au-dessus de nos têtes pour saisir un des poissons. Malheur ! Munis de nombreuses épines jaunes vives, les chinchards complètent la famille des caranguidés, poissons très combatifs, que l’on rencontre en ces lieux. Leurs somptueuses épines attirent l’œil et provoquent une volonté absurde de vouloir s’y coller, dénuant de tous moyens les individus qu’ils croisent. Ils se déplacent en banc et acquièrent la particularité de maugréer s’ils quittent leur environnement familial. Or, Lelouvier ignorait tout cela, la magie de ces fabuleuses petites pépites à nageoires le rendait incroyablement hypnotisé et ébahi. Il fut pris d’un vertueux élan qui le projeta hors de notre sous-marin. Il avait cédé. Ses yeux stupéfaits me fixaient pour m’inviter à le rejoindre. Les chinchard avaient gagné. Je me retrouvais dès lors seul, dans notre petit sous marin, avec les sédiments et les roches bavardes, à présent silencieuses.
Saisissant. À ma grande surprise, les chinchards s’agglutinèrent autour de Lelouvier, formant une immense bulle autour de lui. Par dieu, Lelouvier m’adressait la parole. A travers le verre, je pus distinguer ses sons clairement audibles. Incroyable ! J’avançais à présent dans ce monde illuminé et phosphorescent avec Lelouvier, flottant, entouré de sa meute de poissons épineux. Méfiant j’étais. Il vint taper à la vitre m’alertant qu’il vivait un véritable miracle. Nous nous posâmes sur un merveilleux lit d’algues hautes. Leurs frondes rouges s’agitaient sous l’action du courant de notre sous marin, exactement comme des branches sous la brise d’été. Leurs grandes feuilles plates et dorées resplendissaient dans le bleu camaïeu de l’eau. Sublime. Au-delà de ces algues merveilleuses, siégeait un brillant parterre de mollusques aux nuances magnifiques : holothuries et ascidies se serraient comme jacinthes et primevères au printemps. Ces fleurs vivantes des fonds azurés étaient écarlates et empourprées de rose. Elles s’étalaient le plus décorativement du monde sur le fond noir. Par des crevasses, de grandes éponges émergeaient toutes hérissées dans les rocs sombres. Quelques poissons des profondeurs moyennes surgissaient tels des éclairs de couleur. Féerique spectacle. Notre sous-marin se posa. Magique. Lelouvier, tel un mirage, vînt s’asseoir sur les algues divines. Les chinchards, à ma grande surprise, le remercièrent, et s’en allèrent dans l’infini bleu scintillant des profondeurs. Je fus bouche bée. Éberlué. La fascination de ce monde me laissait perplexe et étrangement admiratif. Lelouvier, tout penaud, me rejoignit et me dit : "Cher acolyte, il me semble que nous avons un monde entier inconnu à explorer !"

2e prix ex-aequo : Sophie RETOURS et Gwendolyn LEPROVOST de seconde 4

Auguste et Eugène exploraient depuis presque une heure les fonds marins mais ils n’avaient rien trouvé d’extraordinaire. Tout à coup, le sous-marin se mit à trembler et Auguste perdit les commandes. Ils étaient pris dans un fort courant. Quand le flot redevint enfin calme, les deux camarades ne savaient plus où ils se trouvaient. Ils découvrirent un endroit qui paraissait tellement irréel ! Le sol formait un cercle entouré d’épaves de tous les âges et de toutes les tailles. Au centre, des bancs de poissons multicolores tentaient de se frayer un chemin parmi les rochers recouverts de crustacés. Le botaniste reconnut ces magnifiques poissons qui étaient des labres. Des hippocampes s’approchaient du sous-marin, curieux, suivis par des calmars qui sortaient de nulle part. Auguste Chevalier souriait, comme si il avait attendu cette découverte depuis longtemps. Et Eugène Lelouvier, lui, avait les yeux grands ouverts et il se pinça plusieurs fois pour être sûr qu’il ne rêvait pas.

Au bout d’un certain temps, ils se décidèrent à continuer leur expédition sous-marine et s’avancèrent vers les rochers où ils trouvèrent un cratère de la taille de leur bathyscaphe. Comme ils avaient tous les deux soif d’aventures dignes de Jules Verne, ils pénétrèrent dans l’ouverture. Après quelques minutes, ils débouchèrent enfin sur une immense grotte. Ce paysage était tellement plus beau et féerique que le précédent ! Les deux acolytes n’arrivaient pas une seule seconde à s’imaginer qu’ils étaient dans une caverne. Tout était tellement plus éblouissant que ce qu’ils avaient vu précédemment. Ils en avaient le souffle coupé. Le sol était couvert de milliers d’étoiles de mer et de coquillages de toutes les sortes. Grâce aux deux longues pinces dont était muni le sous-marin, ils purent récupérer un grand nombre d’espèces. Dans certaines coquilles se trouvaient des perles qui devaient sûrement valoir une fortune. Il y avait aussi d’impressionnants coraux qui abritaient une multitude de poissons. Jamais les deux explorateurs n’avaient pu contempler un paysage aussi majestueux que celui-ci. Même l’eau avait une teinte presque dorée. Non loin, des tortues les suivaient, intriguées par l’engin. Auguste tourna la tête et aperçut, au ras de la vitre du sous-marin, un minuscule poisson. Il était tellement petit qu’il n’aurait jamais pu le voir si il n’avait pas cette couleur jaune aussi éclatante que le soleil. Ce poisson ressemblait étrangement aux labres qu’ils avaient pu admirer avant d’entrer dans le trou qui les avait conduits jusqu’ici, mais à une différence près : l’original était vingt fois plus gros que celui-ci. Il fut vite rejoint par des centaines d’autres, de toutes les couleurs de l’arc en ciel, ils étaient tous entassés les uns sur les autres et dissimulaient la moitié du sous-marin. Auguste avançait prudemment, pour ne pas percuter de rochers. Au bout d’un certain temps, un très grand nombre de stalactites et de stalagmites apparurent sur toute la grotte, et certaines formaient des immenses colonnes. Le botaniste essayait de se frayer un chemin, quand soudain, tous les minuscules poissons s’en allèrent rapidement, comme si ils fuyaient quelque chose. Les deux camarades comprirent de quoi il s’agissait quelques secondes plus tard, quand la grotte s’assombrit, et que le décor changea totalement. Les coraux étaient remplacés par d’immenses algues hautes, puis des plantes sombres et inquiétantes, qui bougeaient étrangement : des plantes carnivores. Une d’entre elles avait repéré le sous-marin et s’apprêtait à l’attaquer quand tout à coup, il fut projeté sur le côté par un gigantesque requin. Ils étaient pourtant certains qu’il n’y en avait pas dans cette mer, à part des petites roussettes. Si ce requin ne leur avait pas sauvé la vie en les percutant, la plante les aurait engloutis sans difficulté car elle était beaucoup plus grande que le sous-marin. Mais le squale ne s’arrêta pas là, il fonça sur la tige et la coupa en deux aisément. Puis, il repartit dans l’obscurité de la grotte. Ils firent rapidement demi-tour pour retourner là où ils étaient hors de danger.

Eugène, qui ne s’y connaissait pas spécialement en fonds marins avait été émerveillé à chaque nouvelle découverte, qu’elle soit bonne ou mauvaise. Il se félicita même d’être tombé à l’eau et remercia son sauveur plusieurs fois, car si cela n’était pas arrivé, jamais il n’aurait connu un tel endroit. Auguste ne savait pas quoi penser de tout cela. Bien sûr, il était aussi admiratif que son camarade mais il avait du mal à croire qu’ils se trouvaient toujours dans la mer de la Manche, car personne n’avait jamais trouvé de requin et de plantes carnivores comme ceux qu’ils venaient de croiser, ni même des labres aussi petites que celles qui avaient recouvert le sous-marin. Et jamais il n’avait entendu parler d’un trou menant à une grotte. Cela voulait-il dire qu’ils étaient les premiers à l’avoir découverte ? Ou alors étaient-ils tout simplement en train de rêver cette aventure ? En tout cas ce dont ils étaient tous les deux certains, c’est que jamais ils n’oublieraient ce voyage extraordinaire, riche en émotions, et qu’ils reviendraient ensemble dès que possible. Ayant peur de rencontrer encore du danger sans y être préparés, ils prirent la décision de faire demi-tour et de rentrer pour discuter de tout ça ensemble et examiner les coquillages qu’ils avaient ramassés ainsi que perles qu’ils contenaient. Ils se promirent de ne jamais en parler à d’autres personnes ; cet endroit resterait leur secret à tous les deux.

Sur le chemin du retour, ils passèrent une dernière fois devant les labres, les tortues et les étoiles de mer. Puis, ils sortirent de la grotte et revirent les épaves, avant d’être pris une nouvelle fois dans le tourbillon qui les emmena étrangement à leur point de départ. Était-ce le seul passage pour aller vers la grotte ? Jamais les deux Normands ne surent répondre à cette question, car quand ils y retournèrent quelques jours plus tard, il avait complètement disparu.

2éme prix ex-aequo : Méduline AULAIR, Camille MADELEINE, Florentin LETOURNEUR, Sahmmir HOLANDE de 1re L.

« Visions de vie »

Après avoir sauvé Eugène de la mort, Auguste et lui commencèrent leur périple dans les profondeurs de la mer à bord de leur sous-marin en verre.
En s’enfonçant dans les fins fonds de la mer, ils virent une étrange sphère englobant ce qu’il semblait être une civilisation inconnue. En traversant la paroi bleutée de la sphère, de violentes secousses firent trembler toute la structure du sous-marin. Eugène et Auguste, émerveillés par cette découverte, scrutèrent les environs. Au loin, ce qui semblait être des maisons était en suspension dans l’air. Elles avaient une forme ronde et uniforme. Voulant en savoir plus, Auguste et son acolyte décidèrent de se poser et de partir à la découverte de ce monde étrange. Sur leur chemin, ils furent surpris de leur découverte car ce qu’ils trouvèrent dans ce monde nouveau n’était pas ce qu’ils attendaient.

EUGÈNE
Sous l’océan je me rends compte
L’espace est grand
Ce monde sous-marin immense
Territoire d’Alexandre le grand
Une péninsule de paix, de calme et volupté
Je vois des pyramides égales à celles de Gizeh
J’essaie de compter les étoiles qui se trouvent au sommet
Assis dans le siège
Nous voyageons
Voyage astral en Égypte ancienne
Quelle est cette splendide cité perdue ?
Est-ce la très ancienne et très célèbre Carcosa ?
L’Atlantide ou le splendide Agartha ?
Je ne le sais pas
Je vois tant de beauté
Je ne veux plus remonter
Je contemple tous ces monuments
Avec la curiosité d’un enfant

AUGUSTE
Je plonge dans un monde inconnu
Peut-être un des sept royaumes
Un territoire perdu
Une civilisation disparue
Au rythme des vagues je me laisse porter
Je suis léger comme l’âme d’une nymphe
J’ai toujours préféré les algues aux dunes
Les profondeurs à la lune
Les vainqueurs aux vaincus
Neptune à Saturne
Ce territoire intra-terrestre est le fief de la sagesse
L’eau nettoie ma tristesse

Après s’être remis de leurs découvertes, Eugène et Auguste se regardèrent. Un sentiment mêlé de peur et de fascination pouvait se lire dans leur regard.

AUGUSTE : Ceci fut fort intéressant, mais nous devons remonter à la surface et rentrer chez nous maintenant, avant de manquer d’air.
EUGÈNE, hésitant : Auguste, j’ose à peine vous le dire, mais toutes ces découvertes m’ont donné envie de rester. Je ne rentrerai pas avec vous.
AUGUSTE : Mais pourquoi ? Êtes-vous inconscient ?
EUGÈNE : Mais Auguste, il y a encore tant de choses à découvrir dans ce monde, pourquoi ne pas rester ici ? Ce monde est une utopie qui s’offre à nous !
AUGUSTE : Eugène, c’est trop dangereux, et notre vie n’est pas ici.
EUGÈNE : J’en ai bien conscience, Auguste, mais ma soif d’aventure et de découverte me dit de rester ici. Ne vous en faites pas, je reviendrai dès le moment venu.

Après avoir laissé Eugène, Auguste remonta à la surface. Les regrets l’envahissaient déjà mais il continua sa route.
Bien des mois plus tard, Auguste se rendit en Afrique pour approfondir ses études de botaniste. Par un hasard que seule l’Afrique sait créer, il rencontra Eugène, son vieil ami. Il était allongé à l’ombre des palmes d’un Arganier.

EUGÈNE : Auguste ! Mon ami ! Je ne pensais pas vous revoir ici.
AUGUSTE : Et moi donc ! Comment êtes-vous rentré ?
EUGÈNE : Et bien, figurez vous que moi et mes amis du nouveau monde, nous avons découvert une porte du Temps menant à tous les pays du monde !
AUGUSTE, stupéfait : Je n’en crois pas mes oreilles ! En voilà une belle découverte ! Racontez moi tout cela !

Eugène commença son récit tout en guidant Auguste vers la porte du Temps. Une fois arrivés, les deux amis, de nouveau assoiffés d’aventure, décidèrent d’explorer un autre monde inconnu. Une nouvelle aventure commença pour nos deux complices.

4e prix : Ema DEHAY de Seconde 4

Je découvrais un tout autre univers, je pensais rêver. Qu’elle chance j’avais d’être là. Je regardais autour de moi, je vis que nous étions entourés de verre. C’était fantastique. On pouvait même voir le fond de l’océan, mon ami Auguste Chevalier était rassuré et conduisait le sous-marin à toute vitesse.
Lorsque je repris mes esprits, je demandais : « - Comment suis-je arrivé là ? Je… - Ne t’inquiète pas mon ami, tu étais tombé de ton voilier, je suis donc allé te récupérer à l’aide de mon petit sous-marin en verre. Nous allons descendre de quinze mètres, accroche toi ! »
Auguste tira une manette située au-dessus de nous, un énorme bruit m’interpella et le sous-marin descendit dans les fonds marins. Nous vîmes des centaines de créatures toutes plus étranges les unes que les autres, le mélange de couleurs des poissons était magnifique. Les plantes et coraux décoraient les roches. Et les pieuvres et les poulpes flottaient comme sur des nuages.
D’un coup, j’entendis comme des bruits de cailloux, d’énormes crabes se collèrent tout autour de notre sous-marin.
Auguste s’exclama : « Ce sont des crabes très dangereux, ils peuvent percer le verre, il faut s’en débarrasser ! » Je compris alors que nous devions redescendre un peu plus pour que les crabes s’en aillent. J’avais le mal de mer, le sous-marin allait à une vitesse phénoménale grâce à son imposant moteur situé à l’arrière.
Nous étions maintenant débarrassés de ces crabes.
On entrait dans une grotte, elle était remplie de méduses de toutes les couleurs. Certaines étaient roses, bleues et même vertes ! Elles étaient de tailles différentes, leur peau translucide reflétait les couleurs de l’arc en ciel. La lumière jaillissait de partout. Leurs longs, légers filaments nous donnaient l’impression qu’elles dansaient. Une musique accompagnait leurs mouvements, elle était envoutante.
Auguste me dit qu’il avait rarement vu une telle chose. Elles s’illuminaient les unes après les autres, nous restions là à les contempler, rêveurs.
Puis Auguste me proposa de continuer notre exploration, nous redémarrions donc le sous-marin. Nous étions à la recherche d’autres créatures lorsqu’une énorme baleine frôla notre sous-marin, nous étions tétanisés. On remarqua ensuite qu’elle n’était pas agressive elle tourbillonnait, dansait elle aussi, alla dans les fonds et remonta comme pour nous faire son spectacle.
Elle fut rejointe par trois requins énormes, à la mâchoire aiguisée et au pelage sombre. La baleine se sauva, apeurée par ces imposantes créatures féroces.
Je m’aperçus qu’ils nous suivaient, il fallait fuir. Nous étions terrorisés, leur aileron était terriblement menaçant.
Auguste voulut tourner brusquement, mais nous ne pouvions plus avancer, le moteur était pris entre deux rochers. Les requins étaient toujours là, ils nous épiaient. Nous ne savions pas comment nous en sortir, le rêve s’était transformé en cauchemar. Nous sentions la peur augmenter, ils tournaient autour de nous. Nous étions devenus leurs proies.
« Je ne veux pas finir en brochette » hurlais-je.
Auguste n’était pas plus rassuré. Sa grande expérience des fonds marins nous aidera-t-elle ? Je me le demandais.
La nuit nous entourait, le froid se faisait sentir quand soudain, une lueur nous interpella. Les méduses et la baleine venaient à notre secours. Toutes les méduses attaquèrent les trois monstres, elles se collèrent toutes en même temps pour décharger leur électricité bleutée dans leur peau dure. La baleine se jeta sur eux les dents sorties, et les repoussa vers les profondeurs.
Nous étions sauvés.

5e prix : Axelle POUSSIER et Maëliss FORTIN de Seconde 1

Lelouvier et moi, nous nous enfonçâmes de plus en plus dans la mer à bord de mon petit sous-marin en verre. C’est à ce moment même que nous découvrîmes une mer comme on ne l’avait jamais vu auparavant : un fond marin mystérieux et étrange qui nous laissa sans voix. Ses profondeurs étaient aussi sombres et inquiétantes que le lieu en lui-même. Quand tout d’un coup, nous nous retrouvâmes devant une gigantesque barrière de corail multicolore, qui laissait transparaître des rayons de lumière comme si il y avait des signes de vie de l’autre côté.
Lelouvier me dit alors :
« Allons voir ce qui se cache derrière cette barrière. »
Je lui répondis d’un air inquiet :
« Penses-tu que ce soit une bonne idée ?
- Allons ne sois pas peureux ! Qu’est ce qui peut bien nous arriver, après tout nous sommes dans le gouffre de la mer.
- Oui, certes mais personne n’est jamais allé aussi loin, personne ne sait ce qui se cache derrière cette immense muraille. »

Nous nous engageâmes dans un passage qui au fur et à mesure que l’on avançait devenait de plus en plus étroit. Eugène décida qu’on y aille à la nage pour découvrir ce qui se cachait de l’autre côté. Malgré mon hésitation, je décidai de suivre le mousse qui semblait confiant. Plus nous nous rapprochions de cette lumière, plus elle devenait intense. Tout d’un coup, Eugène et moi restâmes bouche-bée devant une énorme bulle qui englobait un monde magique et inattendu. Nous pouvions y apercevoir un palais qui surplombait une cité, celle-ci était entourée de coraux et d’autres plantes sous-marines. Nous décidâmes d’entrer à l’intérieur pour voir ce qui pouvait bien se cacher dans un endroit pareil. Lelouvier et moi partîmes chacun de notre côté pour explorer cet environnement inconnu. Je m’approchai d’une anémone qui semblait bouger quand je découvris une anguille pas comme les autres, elle avait deux queues.
J’appelai donc mon coéquipier :
« Eugène, viens donc voir ce que j’ai découvert !
- Qu’as-tu trouvé ?
- Regarde par ici, une anguille avec deux queues. C’est extraordinaire ! Je vais essayer de l’attraper.
- N’y touche pas ! On ne sait pas si elle est dangereuse ou venimeuse !
- Tu n’es pas censé être l’aventurier entre nous deux ?
- Sans doute, oui, mais tu ne trouves pas cet endroit bizarre ? On se trouve dans une bulle au fin fond de la mer et maintenant en présence d’une anguille à deux queues ! »

Nous nous avançâmes vers le palais avec prudence. Celui-ci était d’une grande beauté, d’une sublimité, d’une majestuosité inimaginable. C’était sûrement le plus beau palais qu’il existait ! Ses toits étaient couverts de cristaux si brillants qu’ils illuminaient la cité toute entière. Les parois étaient colorées par les algues rouges et vertes qui les recouvraient.
Bizarrement les lieux avaient l’air habité, pas par de simples créatures étranges mais plutôt par une sorte d’espèce humaine. Eugène et moi arrivâmes devant la grande porte en cristal. Nous frappâmes une première fois par politesse. Personne ne répondait, nous décidâmes donc de nous glisser discrètement à l’intérieur. Le hall était immense comme tout le reste du palace. De géantes statues de créatures étaient exposées un peu partout. Leurs yeux se tournaient vers nous et donnaient l’impression que nous étions constamment surveillés.
Mais si l’on regardait de plus près, le sol et les murs étaient très abîmés, les chandeliers éclairaient peu, les fenêtres étaient brisées, les coins de la salle étaient remplis de toiles d’araignées. Cela ne me rassurait pas et je le lisais aussi sur le visage du mousse qui pourtant était toujours sûr de lui. Soudainement un bruit retentit. Nous prîmes sur nous et grimpâmes les marches avec frayeurs.
Arrivés en haut, nous observâmes une multitude de portes qui nous laissait perplexes : laquelle choisir ? Une d’elles nous attirait l’œil, elle était ornée de coquillages blancs et or avec deux petits hublots de part et d’autre. Nous en prîmes chacun un et restâmes surpris de ce que nous venions de voir. Nous étions abasourdis devant la petite pièce en désordre. Elle était pleine de travaux inachevés ou en construction. Des feuilles, des crayons, des outils étaient éparpillés par terre ; des objets aux formes étranges débordaient d’une vieille armoire qui se cachait au fond de la pièce.
Soudain, une grosse voix nous interpella :
« Que faites-vous ici ? Qui êtes-vous ? »
Je me retournai en panique alors que mon coéquipier, lui, le fit calmement, je me demandais parfois s’il avait peur de quelque chose. Il y avait devant nous un grand homme barbu d’un certain âge. Celui-ci avait une jambe de bois et de vieux vêtements usés qui étaient ceux d’un capitaine de bateau. Il tenait une vieille canne dans une main et une pipe dans l’autre. Bizarrement, il me rappelait quelqu’un, son visage me semblait familier.
Je répondis en bégayant :
« Je… je suis Auguste… Chevalier… et lui c’est…
- Je vous retourne la question, que faites-vous ici ? répondit Lelouvier d’un ton sec.
- J’habite ici, dans ce palais. »

Eugène et moi étions surpris et confus, comment était-il arrivé ici ? Depuis combien de temps était-il ici ? Pourquoi n’était-il pas retourné sur terre ?
Voyant notre confusion sur nos visages, le capitaine nous invita à entrer dans le bureau. Celui-ci était vraiment très surprenant, des feuilles et posters recouvraient tous les murs, une étagère poussiéreuse était remplie de vieux livres, un vieux carnet de dessins où des plans y étaient inscrits.
« Installez-vous, nous dit-il en pointant du doigt deux sièges anciens et abîmés. Par où commencer, je suis Percy Fawcett, explorateur. Mon bateau et moi avons traversés une forte tempête mais seul moi en suis ressorti vivant. Pensant un soir que j’étais fichu et que personne ne me retrouverait, une lumière apparut, elle venait du fond de la mer. C’était comme si elle essayait de m’appeler. Je me suis jeté dans le fond pour y découvrir ce qui se cachait. C’est là que j’ai aperçu ce magnifique palais, j’y ai passé toute la nuit et le lendemain matin je comptais remonter à la surface pour attendre les secours mais une paroi invisible m’en empêchait ; C’est une énorme bulle qui entoure le palais, elle est facile à traverser mais il est impossible d’en sortir.
- Quoi, vous voulez dire que nous aussi sommes coincés ici dans cette bulle, répondit le mousse.
- Je le regrette, oui. Mais depuis que je suis ici, j’ai enchaîné les calculs, les expériences et les inventions pour tenter de sortir d’ici. Mais faire ça tout seul est compliqué et prend du temps mais maintenant que nous sommes trois, cela sera plus rapide.
- Oui, bien sûr. Il faut que l’on s’y mette tout de suite ! » répondis-je aussitôt.

Nous le suivîmes dans l’atelier d’à côté, une lumière éclairait le centre de la salle. Il s’y trouvait un extincteur tout à fait banal. Fawcett nous expliqua que c’était grâce à cet extincteur que l’on allait réussir à sortir d’ici. Lelouvier et moi, étions confus : comment un extincteur pouvait-il nous sortir de là ? Nous voulions demander des explications à cet étrange explorateur. Il s’avança vers un tableau de craie et nous montra ses plans, ses dessins, ses calculs représentant sa machine, le « B119 ». A l’intérieur, se trouverait un produit qui était censé geler la bulle toute entière puis, à l’aide d’un marteau fait de coquillages, il nous faudrait briser la glace. Ainsi, la bulle s’effondrera est nous pourrons enfin nous en échapper.
Nous mîmes directement la main à la pâte. Pendant trois jours, nous nous sommes occupés de finaliser la machine, jours et nuits.
Un soir, Percy vint nous voir dans notre chambre et nous annonça qu’il avait fait les dernières modifications du « B119 » et qu’il était enfin prêt à être essayé.
Nous nous sommes dirigés vers son atelier pour faire des essais. Nous prîmes tous une grande inspiration avant d’essayer le projet, notre inquiétude se sentait. Et si tous ces efforts ne menaient à rien ? On se positionna autour et regardâmes Percy qui s’en allait dans la salle des essais, elle se situait juste à côté de celle où l’on se trouvait.
Une grande cuve d’eau se trouvait au centre de la pièce. Il monta sur un escabeau et décompta à partir de dix. Le décompte fini, Lelouvier et moi avons collé notre tête au carreau pour mieux voir, Fawcett appuya sur la gâchette et dirigea le tube vers l’eau, celle-ci gela dès l’instant où elle fut touchée. Nous explosâmes tous de joie, c’était une réussite ! Percy prit ensuite le marteau et tapa une première fois sur l’eau gelée mais rien ne se produisait, la tension était palpable et si cela ne fonctionnait pas ? Il tapa une seconde fois puis une troisième et c’est au quatrième coup de marteau que le glaçon se brisa en mille morceaux, ce n’était maintenant que de la poudre.
Nous décidâmes d’aller nous coucher, c’en était assez pour aujourd’hui, demain sera le grand jour ! Nous pourrons enfin sortir de cet endroit et aller chercher ce que nous étions venu trouver au départ.
Lelouvier vint me réveiller dès l’aube, je n’avais presque pas dormi tellement j’étais pressé de m’enfuir d’ici, de retrouver ma vie d’avant, paisible et sympathique.
Nous nous sommes retrouvés tous les trois devant les portes du palais. C’était une matinée chaude et humide mais malgré ça, la bulle ne bougeait pas. Nous nous dirigeâmes vers l’endroit où Lelouvier et moi étions entrés et sommes passés une nouvelle fois devant l’étrange anguille à double queues.
Arrivés devant la bulle, Fawcett se mit plus en avant et pris en main l’engin, les deux pieds enfoncés dans sol, il se préparait à tirer. L’air hésitant, il appuya délicatement sur la détente mais rien n’en sorti. Nous nous regardâmes tous inquiets et nerveux. Et si nous restions encore longtemps bloqués ici et que tout ça n’avait servi à rien ?
Lelouvier demanda par la suite s’il avait bien dévissé le loquet avant d’appuyer. Percy le regarda d’un air hautain mais se rendit vite compte que son coéquipier avait bien raison, le loquet n’était pas dévissé.
Fawcett réessaya donc une nouvelle fois et cette fois-ci, nous restâmes tous stupéfaits, cela fonctionnait ! La bulle se trouvait maintenant gelée et dessinait de sublimes formes, de magnifiques flocons et de belles spirales.
Je sortis de mon sac, les trois marteaux coquillages afin d’en donner un à chacun de mes coéquipiers. Nous nous approchâmes de la glace et comptâmes ensemble jusqu’à cinq puis nous tapâmes d’un coup sec et puissant sur la bulle. Elle éclata subitement et nous nous retrouvâmes noyés dans l’eau dans laquelle nous nous trouvions et qu’on avait complétement oubliée. Quand nous nous retournâmes, nous vîmes que le monde avait disparu, comme si il n’avait jamais existé.
Lelouvier aperçut nous sous-marin et nous appela pour qu’on le rejoigne. Après que tout le monde soit monté à l’intérieur et que l’on se soit réchauffé, Lelouvier et moi demandâmes à Fawcett s’il connaissait et savait où se trouvait la plante antidote pour laquelle nous étions venu au départ. Il nous expliqua le chemin et resta avec nous jusqu’à sa découverte. Il s’agissait simplement d’une algue qui n’existait qu’au plus profond de la Manche. Tout le monde pouvait la reconnaître, elle était de couleur bleue et jaune, que l’on remarquait à des kilomètres. Nous la cueillîmes avec précaution puis retournâmes dans le sous-marin.
Une nuit passa et Fawcett nous annonça son départ pour de nouvelles aventures et de nouvelles découvertes. Après tout c’était un explorateur, il aimait ce qu’il faisait et vivait pour sa passion et sa soif de connaître de nouvelles choses. Nous nous sommes quittés tristement en nous promettant de se revoir au plus afin de se remémorer cet épisode de notre vie qui nous marquera à jamais.
Plusieurs jours s’écoulèrent avant notre retour sur la terre ferme. Le maire de Cherbourg nous accueillit avec toute la ville et toute une panoplie de journalistes. Il nous expliqua qu’il ne pensait jamais nous revoir car nous étions partis beaucoup plus longtemps que prévu. Nous avons décidé de ne pas lui raconter notre aventure mais juste de lui dire que ce fut une longue et interminable histoire.

Un bruit me réveilla, c’était mon réveil. Je me suis levé en regardant comme d’habitude mon calendrier. C’était bel et bien le jour de notre départ pour la recherche de l’antidote révolutionnaire. L’expédition était organisée par le Muséum National d’Histoire Naturelle. Je réalisais soudain que ce je venais de vivre et voir n’était qu’un rêve, ce n’était que l’objet de mon imagination. Je me suis précipité dans la salle de bain pour me préparer, j’ai pris une pomme et sortis rejoindre Lelouvier au point de rendez-vous. Dès que je l’aperçus, je lui ai sauté dessus et lui ai dit : « J’ai fait un rêve étrange à propos de notre expédition, tu ne devineras jamais ce que c’était… ! »

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M. Jenvrin, lors de la cérémonie de remise des récompenses