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Revue d’actualité du 6 février 2009

vendredi 20 mars 2009, par Catherine Segers.

L’intervention radio-télévisée du Président Nicolas Sarkozy

Le président français a annoncé jeudi soir vouloir consacrer 1,4 milliard d’euros en 2009 à des mesures sociales et donné rendez-vous aux syndicats le 18 février, en leur proposant de supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu ou d’augmenter les allocations familiales.
Le chef de l’État a aussi affirmé vouloir « mettre sur la table » la délicate question du « partage des profits » à l’intérieur de l’entreprise. Il a toutefois renvoyé toute décision à l’ouverture d’un dialogue avec les partenaires sociaux, au risque d’être accusé de chercher à gagner du temps.
En revanche, il a annoncé une suppression de la taxe professionnelle pour les entreprises dès 2010, pour un coût de huit milliards d’euros, quitte à réfléchir avec les élus locaux à « un impôt de remplacement » pour les collectivités territoriales.

Le chef de l’État, d’abord crispé, a réaffirmé d’entrée sa volonté de poursuivre ses réformes - « c’est le mandat que j’ai reçu. C’est mon devoir » - et confirmé avoir fait « le pari d’une politique de relance par l’investissement ».

Il s’est pour la première fois montré ouvert jeudi à des coups de pouce en faveur des plus modestes, et invité les partenaires sociaux à en discuter avec lui. Il entend y consacrer la totalité des 1,4 milliard d’euros tirés d’ici la fin 2009 des intérêts de l’argent prêté aux banques.
Parmi les « pistes » possibles, Nicolas Sarkozy a mentionné la possibilité de supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu, qui concerne deux millions de contribuables, une exonération en 2009 du deuxième tiers d’impôt sur le revenu pour cette catégorie de population, ou une augmentation des allocations familiales.

Autres sujets que Nicolas Sarkozy veut soumettre aux partenaires sociaux le 18 février : une nouvelle amélioration de l’indemnisation du chômage partiel, des chômeurs ayant travaillé à durée déterminée et du chômage des jeunes.Nicolas Sarkozy a aussi assuré vouloir ouvrir le débat sur le « partage des profits à l’intérieur des entreprises », même s’il est resté très flou.
S’il n’a pas donné de précisions sur le plan en faveur du secteur automobile qui doit être dévoilé prochainement, Nicolas Sarkozy a confirmé qu’il entendait demander des « contreparties » aux entreprises qui bénéficieraient d’aides de l’État, « en terme de délocalisation, de relocalisation de licenciement, de politique de dividendes »..Il s’est en revanche montré sceptique sur une règle limitant la rémunération des dirigeants des entreprises aidées par l’argent public.

Malgré les manifestations, Nicolas Sarkozy a en revanche maintenu sa décision de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, ainsi que « le principe de l’évaluation » des universitaires, même s’il est « prêt à évoluer sur (l)es modalités » de la réforme du statut des enseignants-chercheurs. Il a aussi répété que la réforme des lycées, reportée en décembre à la suite de manifestations, se ferait.
« Mon devoir, c’est d’écouter ce que disent les gens qui manifestent (...) mais je dois écouter aussi tous ceux qui n’ont pas manifesté », a insisté le chef de l’État.

Une stèle pour les promesses « non-tenues » de N. Sarkozy

Une stèle aux promesses « non- tenues », selon la CFDT de N.Sarkozy a été érigée mercredi par le syndicat à l’entrée de l’usine ArcelorMittal de Gandrange en Moselle. Sur la stèle, le syndicat a fait graver en lettres d’or la phrase suivante : « Ici reposent les promesses de N.Sarkosy faites le 4 février 2008 à Gandrange : Avec ou sans Mittal, l’État investira dans Gandrange ».

En effet, le 4 février dernier, à l’issue d’une visite très médiatisée de 45 minutes de l’aciérie mosellane, le chef de l’État s’était engagé devant quelque 400 sidérurgistes à faire prendre en charge par l’État « tout ou une partie des investissements nécessaires » pour maintenir l’aciérie en activité. « Nous sommes prêts à faire le nécessaire quel que soit le propriétaire, car notre objectif, c’est de garder des usines ouvertes en France parce qu’un pays qui n’a plus d’usines est un pays qui n’a plus d’économie », avait alors déclaré le président de la République. Un an après, rien ne s’est passé. Et donc en signe de protestation, une stèle « aux promesses non tenues » a été dressé sur le site.

Un plan de restructuration prévoit une fermeture d’ici à avril de l’aciérie électrique et d’une installation de laminage, entrainant la suppression de 575 des 1108 emplois de l’usine spécialisée dans les aciers longs, le segment le plus profitable de la métallurgie.